Ma grande Traversée des Alpes

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L'album de photos est complet - Publié à 05:19, le 13/10/2008, Bruxelles
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Chers amis, cher Georges (l'impatient),

Oui, j'ai enfin trouvé le temps de compléter l'album de photos de ma belle traversée. J'espère que ma sélection vous plaira.

Bien amicalement,

 

Ninka

 

 


Hommage - Publié à 10:47, le 30/09/2008, Menton
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Je voudrais rendre hommage à tous les gardiens, gérants et propriétaires de gites, refuges, hütte, Gasthaus, hôtels de montagne, sans qui je n'aurais pu réaliser cette traversée. Partie avec un sac léger, il me fallait trouver gite et couvert tous les soirs et je les ai toujours trouvés ! Chaque jour, j'ai été accueillie avec énormément de gentillesse et j'ai pu me reposer en toute quiétude. Sans ce réseau continu, comment aurais-je fait ?

Et quel métier pour eux car ils travaillent souvent dans des conditions très difficiles : loin de tout, souvent sans eau potable et/ou électricité, il faut accueillir et héberger des randonneurs fatigués ou trempés, les réconforter, les requinquer en 12h pour les voir repartir vers d'autres horizons, ... les gardiens, eux, restent tout un été. Ils se lèvent avant tout le monde, se couchent les derniers, courant entre cuisine et nettoyage. Ils gèrent une véritable entreprise : il faut penser au ravitaillement, à la gestion des poubelles, à l'entretien du bâtiment, bref à tout !!!

J'en ai rencontré quelques uns bien fatigués en cette fin de saison, les yeux gonflés par le manque de sommeil, aspirant à retourner au confort de leur chalet dans la vallée ... Franchement, je les admire car c'est un métier bien difficile.     

Chers gardiens, merci pour votre accueil, vos conseils, votre écoute, votre sympathie et votre amour de la montagne. Vous m'avez toujours encouragée, c'est grâce à vous si je suis arrivée à Menton, c'est certain !!

  


Merci - Publié à 09:39, le 30/09/2008, Menton
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Je n'en ai pas beaucoup parlé dans mes textes précédents, mais vous avez peut-être senti que tout au long de mon voyage, j'ai eu une excellente base arrière. Je veux parler de mes parents, mon frère, ma famille. Ils m'ont soutenu avant et pendant toute ma traversée. Faisant taire leur inquiétude légitime, ils ont répondu systématiquement "présent" à chacune de mes demandes et à tous mes messages, ne doutant pas de mon succès même quand moi je doutais, notamment au tout début !!

Je recevais des sms "météo" de mon père (pas toujours très précis, mais bon ... le temps peut être très capricieux d'une vallée à l'autre), ma mère suivait mon itinéraire sur carte. C'est grâce à  mon frère si vous avez accès à mes photos. Il m'a aussi envoyé très régulièrement des sms d'encouragement qui me faisait bien plaisir. Mon neveu Damien est venu marcher avec moi deux jours et la visite de mes parents à Grindelwald fut bien agréable. Enfin, ma tante m'a accueillie avec beaucoup de gentillesse à La Rosière.

"Famille, je vous adore" (pour paraphraser qui vous savez).

 

Dernier hommage : je voudrais aussi remercier tous mes amis qui m'ont suivi sur ce blog, m'ont écrit commentaires et sms, bref, m'ont encouragée tout au long de ces 4 mois. Et plus particulièrement,  

Remercier Anne, Annick, Marie-Christine et Bernard, le comité (surprise!!) de départ à Zaventem. ce fut un moment émouvant.

Je voudrais remercier Willy venu m'aider à vaincre le Gross Venediger. Ce fut un grand moment de cette traversée.

Remercier aussi Marie-Christine, Bernard et Olivier venus eux aussi faire un bout de chemin avec moi dans le Zillertal. Les pauvres, le temps n'était pas avec nous, mais ce fut un joyeux moment.

Remercier encore Flicka pour l'excellente halte au bout de ma traversée suisse. Dans son chalet, ce fut un doux moment.

Remercier enfin Catherine, venue me retrouver à Menton pour me ramener tranquillement à la réalité et qui supporte impertubable et un rien hilare mes excentricités de diva (notamment sur la plage). Ces retrouvailles furent un bon moment.

 

Merci à vous tous ... grâce à vous, je ne me suis jamais sentie seule sur cette belle traversée. J'ai hâte de vous raconter tout cela de vive-voix ... à très bientôt donc, en Belgique. Je rentre dans une semaine, promis !! 

 

Ninka

 


Fin ou début ? - Publié à 09:31, le 30/09/2008, Menton
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Fin d'un projet , le rêve est devenu réalité ! Début d'une nouvelle aventure, le retour à la vie "civile" avec des souvenirs plein la tête !!

La dernière semaine fut très riche et si à Valdeblore, j'étais un peu nostalgique, ce n'est absolument plus le cas aujourd'hui ! Il faut dire que la montagne m'a gâtée cette dernière semaine. Elle a fait tout ce qu'elle a pu pour me garder là-haut, m'envoyant pluie, neige et froid pour m'empêcher de terminer, des troupeaux de chamois, bouquetins, des traces de loup et des décors à couper le souffle, bref le grand jeu, pour me retarder et me dire qu'il faut rester. 

Oui, j'ai beaucoup apprécié ce dernier tronçon dans le Boréon et la vallée des Merveilles malgré ou peut-être à cause des conditions quasi hivernales rencontrées. J'étais replongée dans le temps présent et très attentive car cette partie du Mercantour est beaucoup plus alpine et sportive. Cela m'a fait un bien fou.

Je n'étais pas seule sur cette région et j'ai fait plusieurs belles rencontres, remplissant mon escarcelle de bons souvenirs et d'amitié d'un jour ou plus ... Il y a Aurélie et Emmanuel, un jeune couple qui campait quand c'était possible. Toujours souriants malgré les conditions très très fraiches, je les admire ... Nous avons marché ensemble dans le brouillard au-dessus de Roure, nous nous sommes retrouvés au gite du Boréon et un peu plus loin pour L'étape du Baisse de Basto ... il y a Mr Brice, un randonneur solitaire, parti de Larche et qui marche tellement vite, que je ne le retrouve que le soir, dans les gites et refuges ... il y a Yves, un autre randonneur solitaire, un adepte de la rando légère, parti du lac Léman, il bouclera sa traversée à Menton en 18 jours, 2 jours avant moi, faisant des étapes de 10h régulièrement. Avec lui, je traverserai le fameux Basto et nous nous épaulerons mutuellement dans la neige et le froid ... il y a Louise, Christian et Jean-Alain, 3 randonneurs chevronnés que je rencontre au refuge des Merveilles et qui marcheront avec moi toute une journée jusqu'à Sospel, l'occasion de nous transmettre nos expériences montagnardes et voyageuses à travers le monde ... Tous, nous espérions une fin de mois de septembre ensoleillée et chaude. La nature en a décidé autrement, mais nous avons tous tenu bon !

Ce coin du Mercantour est nettement plus sauvage, les cols sont hauts et très minéraux. Je retrouve les sensations rencontrées dans les cols très raides autrichiens. De plus, je traverse de vastes forêts de mélèze, comme je traversais de vastes forêts de pins sylvestre là-bas. Oui, je suis toujours dans les Alpes. Au gite du Boréon, le gardien nous met en garde car le Baisse du Basto est un ogre qui ne se passe pas facilement (2693m). C'est une des clés d'entrée pour la vallée des Merveilles et cet été, il ne fut praticable qu'à partir du 11 juillet tant il était encombré de neige et de glace. La météo n'est pas optimiste pour les jours à venir. Le jour suivant, j'arrive au refuge de la Madone de Fenestre après avoir passé le Pas des Ladres. Il y a un peu de neige et de glace scultée par le vent. Les chamois ne sont pas farouches : photos des mères et leurs petits au soleil. Mais le pique-nique au bord du lac sera court car il ne fait vraiment pas chaud. L'église de ce sanctuaire dédié à Marie est toute bleue à l'intérieur. Des extraits latins des litanies couvrent les murs. Les litanies de Scarlatti me reviennent à l'oreille. Il s'y trouve aussi de nombreux ex-votos "Merci pour le retour de mon fils, 1919", "Merci pour la santé retrouvée", "Merci" et moi aussi, je dis "Merci" car je sais maintenant que j'arriverai à Menton, j'en suis convaincue.

Le lendemain, nous démarrons sous le soleil. Il y a 3 cols à passer pour rejoindre le refuge des Merveilles. Le Pas du Colomb est encombré de caillasse et pas bien facile, heureusement, il fait encore sec. Au pied du Baisse de Basto, il commence à neiger et Yves et moi ne nous arrêtons plus. Nous marchons d'un même pas rapide et passons finalement assez facilement. Le troisième col, il y a 10cm de neige fraiche au sol et il fait de plus en plus froid. Nous atteignons le refuge après 6h30 de traversée. Je m'y réchauffe d'une bonne soupe près du poêle en pensant à la signification première du mot "refuge". Oui, c'est bien cela un refuge ! Yves, plein de courage, continue sous un soleil palot revenu dans l'après-midi. Il dormira vers l'Authion.

Le lendemain, je passe la matinée à visiter les gravures préhistoriques avec l'aide d'une guide. Nous sommes au pied du Mont Bégo, une montagne un peu ronde et visible de loin, raison qui en a fait probablement un lieu de culte dans la préhistoire. Difficile d'interpréter ces marques corniformes ou réticulées, ces poignards gravés sur les roches. Pourquoi là, pourquoi comme cela ? Bien avant, il faut imaginer cette vallée rabotée par les glaces, 600m de profondeur, lors de la dernière glaciation. C'est impressionnant. Moi aussi, je suis glacée car le soleil est à nouveau voilé et le vent assez violent. Je quitte la vallée par le Pas du Diable, un gentil petit diable de col, légèrement enneigé. J'y découvre des traces d'animaux dont celle du loup, je crois. Sous le col, un chamois émet un son de vieille chèvre et tous les autres se rassemblent autour de lui. C'est le début du rut. C'est la première fois que j'entends cela.

Et ce sera la descente lente vers la Méditerranée en passant par les crêtes qui longe la frontière italienne : nombreux vestiges militaires de l'ancienne ligne Maginot, l'Authion, le dernier sommet à 2000m, le plus au sud, un bon gite très accueillant d'où je devrais déjà voir la mer, mais il fait trop brumeux, une belle randonnée jusqu'à Sospel jolie petite ville colorée et méditerranéenne au bord du Bevera et enfin une dernière journée seule avec l'apparition enfin de la mer et de Menton à mes pieds depuis le col du Razet. Je passe un dernier col, le col du Berceau à 1080m et j'entame une descente très raide et un peu dangereuse sur Menton. Dans deux heures, je ferai un plongeon dans la mer! 

Dernière belle surprise : je retrouve Yves au pied du chemin venu à ma rencontre pour fêter avec moi l'entrée dans Menton : boissons et petits gâteaux. J'en suis toute retournée. Nous nous baignerons ensemble sur une plage quasi déserte. Mon amie Catherine nous a retrouvés. Elle s'empare de mon appareil de photo ... FIN !

 


Dans 6 jours, je devrais arriver à Menton - Publié à 11:44, le 23/09/2008, Valdeblore
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Bonjour,

Oui, vous avez bien lu, si tout va bien et s'il ne tombe pas un mètre de neige dans la vallée des Merveilles, je devrais me baigner dans la Méditerranée, lundi prochain, 29 septembre.

Je ne sais si je dois me réjouir ... en fait, je suis partagée ... c'est la fin d'un projet et d'un rêve, je marche avec un peu de mélancolie et depuis peu, je repense à certains tronçons de mon itinéraire ou à ce qui m'attend en Belgique. Je ne vis plus vraiment l'instant présent comme je l'ai fait tout cet été. Le cerveau est vraiment une machine bizarre.

Depuis Ceillac, j'ai traversé de beaux coins et je me suis offert une variante de plus en faisant une petite incursion en Italie entre Maljasset et Larche. Merci Jean-Paul pour ton bon conseil, j'ai beaucoup apprécié l'itinéraire par les lacs Marinet et le retour par le col Sautron. Dans ces vallons sauvages, j'ai vu chamois et marmottes à profusion. J'ai aussi beaucoup aimé les deux gites où j'ai rencontré des gens bien sympas, gardiens et randonneurs.

Après Larche, on pénètre dans le Parc National du Mercantour, le plus au sud. C'est le département des Alpes Maritimes et peu à peu la montagne change : roches calcaire découpées, profondes vallées comme celle de la Tinée, nouveaux venus dans le ciel (les vautours fauves) et sur terre (les mouflons invisibles car tellement farouches) et mon premier pied de lavande un peu après mon arrivée dans le département. Les troupeaux de moutons sont énormes et toujours gardés par des patous et bergers. A chaque fois, j'attends tranquillement que le patou vienne me renifler et m'autorise le passage pas trop près du troupeau. Jusqu'à présent, tout se passe bien et j'ai toujours mes deux mollets ... Un berger m'a raconté comment le loup dépèce un mouton, c'est impressionnant, dit-il. La peau est découpée très proprement par le milieu et il ne reste pas un bout de graisse ou de viande dessus, elle est prête à l'emploi ! Et à côté, il ne reste que les os.

Je marche de plus en plus seule, les gites et hôtels sont presque tous fermés et il devient difficile de se loger et de se restaurer dans ces villages de moyenne montagne. J'ai dû allonger certaines étapes et en raccourcir d'autres. J'ai dormi toute seule dans les deux derniers gites. Il est temps que je termine mon périple car j'ai fait le choix de partir léger, sans matériel de camping, ni gaz pour la cuisson. Heureusement, dans la vallée des Merveilles, les refuges ne ferment que dimanche prochain. J'aurai juste le temps de passer. 

Cela sent la fin de saison d'autant que le temps n'est pas au grand beau : beaucoup de brouillard et de nuages et de la pluie aujourd'hui encore. Moi qui rêvait d'une fin d'itinéraire ensoleillée et méditerranéenne, c'est raté. Dommage, car les villages que je traverse seraient tellement beaux sous le soleil. Je recommende particulièrement Saint Dalmas le Selvage avec sa très belle église baroque (retables du XVième et XVIème siècle) et Roure, toute rouge car construite avec le schiste local (pélite?) et qui domine la Tinée embrumée ... Ambiance ...

A bientôt ... j'espère vous écrire de Menton dans 6 jours,

Ninka


En plein Queyras, 100 jours de vadrouille déjà - Publié à 11:07, le 16/09/2008, Ceillac
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La montagne est splendide sous le soleil revenu. Je vous écris du fond d'un café sur un ordinateur pas très pratique. Je serai donc brève cette fois-ci.

Beaucoup d'aventures depuis mon dernier message, je fais des infidélités au GR5 et apprécie les variantes qu'on me propose. J'ai passé 5 jours dans le Parc de la Vanoise, ensuite je me suis jointe à groupe de 8 personnes pour gravir le Mont Thabor ... La vue aurait dû être magnifique depuis ce 3200m, mais la brume voilait l'horizon et la pluie menaçait, dommage.

En Vanoise, j'ai retrouvé avec plaisir chamois, bouquetins, marmottes et aigles. Il y a aussi les nouveaux venus par rapport à il y a 30 ans : le Gypaète Barbu, somptueux rapace dont l'envergure dépasse d'un mètre celle de l'aigle, le loup dont tout le monde parle (il a tué 10 brebis par ici, il est passé par là) mais que je n'ai ni vu ni entendu et le patou, le fameux chien de berger pyrénéen (80 à 100 kgs adulte) qui est sensé protéger les troupeaux de moutons des loups mais qui confond parfois les randonneurs à deux pattes et les prédateurs à 4 pattes. C'est un peu stressant quand on approche d'un troupeau mais finalement, si le berger est présent, tout se passe très bien.

Il y a eu à nouveau de grosses chutes d'eau récemment : la Clarée en vallée de Névache était brune et ressemblait à un horrible torrent de boue, pauvre rivière si belle habituellement. Heureusement, en fin de journée, elle avait retrouvé toute sa pureté. A Briançon, nouvelle grosse pluie et le lendemain, j'ai passé le Col des Ayes pour entrer en Queyras dans 10 cm de neige poudreuse qui craque sous mes pas ... on se croirait en hiver et c'est très beau quand le soleil revient.

Avant Briançon, je suis restée avec mes nouveaux amis du Mont Thabor pendant 3 jours : nous avons traversé la vallée de Névache par les hauteurs. Nous avons beaucoup ri et beaucoup marché. J'ai bien apprécié ces variantes. J'aime la solitude en montagne, mais c'est aussi bien agréable de marcher ensemble et de découvrir de nouveaux compagnons. Je garde aussi un excellent souvenir de notre halte au refuge Buffère : confort, tartiflette, musique et belle conversation avec la gardienne à propos de mon voyage. Merci à toutes et tous !! Et tant pis si le vent était trop violent pour les crêtes au-dessus de Briançon, j'y retournerai un jour certainement. 

En Queyras, j'ai eu la chance d'apercevoir le Circaète, encore un rapace rare, au-dessus de Brunissard. Aujourd'hui, il faisait bien frais ce matin au départ .Mais que la vue était belle depuis le Sommet Bucher sous un ciel clair enfin. Au fond, j'ai aperçu les beaux sommets de l'Oisans, Ailefroide et Massif des Ecrins que m'étaient cachés depuis si longtemps.

IL me reste environs 2 semaines pour terminer mon périple et je ne suis pas certaine de pouvoir trouver encore des point internet avant Menton ... ne vous inquiétez pas.   

A bientôt donc,

Ninka


87 jours depuis le départ ... - Publié à 11:27, le 3/09/2008, Bourg-Saint-Maurice
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... et toujours autant de plaisir à mettre un pied devant l'autre. J'arrive en terrain connu : Chamonix et Vanoise, des coins que j'ai déjà beaucoup sillonnés. Cela me rend joyeuse, car il y a un charme certain à reprendre un sentier après quelques années, on repense notamment aux personnes avec qui on a marché.

J'ai quitté Verbier et mon amie avec un peu de regret, nous avions tellement de choses à nous dire (vous savez comme je suis bavarde! ) ... mais j'ai tout de suite retrouvé mon rythme de solitaire, grimpant avec entrain vers le col de Balme et la frontière française. Il y faisait beau et les brumes de chaleur masquaient le Mont-Blanc. Dommage, car le lendemain fut couvert également. Je devais passer par Chamonix pour y trouver une bonne librairie avec les cartes et les topos de la suite de mon itinéraire. Cela y est, je suis parée jusqu'à Menton et je peux poursuivre mon chemin.

Après une nuit dans un gite très "routard" et surtout totalement anglais dans Cham (c'est fou, Chamonix est envahie d'Anglais qui ne parlent pas toujours la langue de Voltaire !!), me voici repartie pour rejoindre le fameux GR5 qui me mènera tout droit à la Méditerranée. Il fait très beau et la vue sur les sommets et glaciers est superbe depuis le torrent de l'Arve. C'est aux Houches que je fais la jonction et tout de suite, je ne me retrouve plus seule car je suis sur le fameux Tour du Mont-Blanc. Au col de Voza, un avis-météo plutôt alarmant me pousse au-delà des Contamines. J'aimerai passer le col de la Croix du Bonhomme avant les orages annoncés pour le lendemain soir. Chance, il reste 1 place au gite de Nant Borrant. Le gite au-dessus est complet. Oui, il y a encore du monde sur le Tour du Mont-Blanc.

Enfin, aujourd'hui, belle matinée avant l'arrivée des nuages et des orages. Il fait doux à 7h30 quand je démarre. Première rencontre du matin, un vieux japonais solitaire qui fait le TMB dans l'autre sens. Il est tout heureux de m'annoncer dans son anglais hésitant qu'il fait beau ("Good Day") et, qu'il a presque fini, plus que 3 jours. La randonnée le rend tout joyeux et il me quitte d'un large sourire et d'une profonde courbette, très japonaise. Joli cadeau pour ma première demi-heure.

Ensuite, à La Balme, je retrouve 3 jeunes gars de la Seine et Marne, rencontrés la veille brièvement : Anthony, Nicolas et Sylvain. Campeurs, ils sont lourdement chargés. Nous discutons avec entrain tout en grimpant d'un bon pas. J'ai du mal à les suivre, c'est qu'ils sont terriblement motivés, se sont entrainés tout l'hiver et eux aussi découvrent ce TMB avec un plaisir évident. Il règne une joyeuse ambiance entre eux trois. Mon périple les intéresse vivement ... me prennent en photo ... suis-je vraiment un animal si rare ? A ce propos, je n'arriverai pas à repérer l'un ou l'autre chamois sur le versant en face. Dommage, ils auraient tant voulu en voir. J'espère qu'ils en apercevront avant la fin de leur tour. Nous nous quittons au col, près du refuge car j'oblique vers la Tarentaise et eux vers le col des Fours et bientôt l'Italie. Ils me laissent des petits mots d'encouragement pour la suite, je suis très touchée ...

Je retrouve ma solitude et un itinéraire bien beau sur une crête qui domine le Beaufortain et le lac de Roselend. Finalement, je dévie du GR5 et rejoins Bourg-St-Maurice (un peu de stop pour éviter 15kms de macadam). Ce soir, je serai bien à l'abri dans un bon châlet chez ma tante à La Rosière. 

... reprise du texte, le lendemain, jeudi ...

J'espère que mes gars étaient à l'abri la nuit dernière, l'orage et les pluies ont été particulièrement violents !! Aujourd'hui, journée de repos imposée par la météo, il pleut des cordes et les torrents grossissent ! Je reste bien au chaud (feu de bois) chez ma tante Marie-Geneviève. Quelle chance qu'elle soit encore par ici ! Nous sommes toutes les deux ravies de nous revoir ... et nous en profitons pour faire un peu de tourisme en voiture (belle église baroque de Ste Foi en Tarentaise) Merci la pluie!! Demain, j'espère repartir et traverser la Vanoise, sous un ciel plus clément ... Je suis bien curieuse de retrouver le massif de mes premières randos en solitaire, il y a 30 ans déjà !! 

A bientôt ...

 

Ninka 


Une fin de mois sous le signe du soleil - Publié à 11:52, le 29/08/2008, Verbier
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Bonjour,

Oui, enfin une haute pression s'est installée sur la Suisse et j'ai le bonheur d'admirer les somptueux sommets enneigés de l'Oberland et du Valais.

En quittant Grindelwald, j'ai eu très envie d'aller voir de près ces fameux sommets que sont l'Eiger, le Mönsch et la Jungfrau en prenant le fameux train qui monte au Jungfraujoch. Il traverse la montagne, l'Eiger, et un arrêt en pleine paroi montre la fameuse face nord! C'est d'ailleurs souvent par là que les sauveteurs s'engagent dans la paroi si nécessaire. Là-haut, superbe endroit et belles vues sur les sommets et les glaciers, mais je ne tiens pas longtemps, je n'ai plus l'habitude des grands foules, j'ai l'impression d'être dans un métro en heure de pointe et cela m'oppresse un peu .... comment vais-je faire pour rentrer en ville à la fin de mon périple ... une question à régler plus tard ! En attendant, je fuis et retourne à mes chers sentiers quasi déserts.

Après Lauterbrunnen, je fais ma première infidélité à la Via Alpina et suis la belle variante aérienne proposée par Laurent. Je dors au beau petit refuge Spaltenhorn, face à un glacier crevassé et de superbes sommets déchiquetés. L'accueil est sympathique d'autant que j'arrive bien mouillée par une bonne pluie tombée 1h trop tôt sur mon horaire. Le lendemain se passera entre nuages, brumes et pluies jusqu'à Kandersteg. J'ai quand même la chance de voir le très beau lac Oeschingsee, dans son écrin de roches. Tout est raide par ici et certains passages sont assistés de cables. Merci Laurent pour cette belle suggestion !

Je prends goût aux variantes et abandonne définitivement la Via Alpina pour passer au sud de la chaine et traverser par les hauts vers Ovronnaz. Lundi, je passe une journée au refuge Lämmerenhütte au-dessus de Leukerbad (Loêche-les-Bains) à attendre la haute pression annoncée. Et j'ai bien fait, depuis mardi je me régale de soleil et de décors superbes. Mon appareil-photo crépite.

Au refuge, je rencontre un Bâlois d'adoption, Steffan, venu faire de l'escalade 3-4 jours. J'ai choisi de passer par le Schwarzhorn (3100 m), dont on voit l'itinéraire depuis le refuge. Il est très aérien surtout au passage d'un ressaut rocheux, échelles et cables, il ne faut pas avoir le vertige. Avant de retourner vers Kandersteg, Steffan m'accompagne sur cet itinéraire. Discrêtement il veille sur moi, c'est réconfortant et si un jour il lit ce blog, je le remercie beaucoup pour sa délicate attention ! Nous nous quittons au col et je poursuis vers la cabane des Violettes au-dessus de Montana, et enfin le barrage de Rawil.

Et là, nouvelle et heureuse rencontre : Georges tient le restaurant du barrage. Il n'accueille en principe plus de randonneurs pour la nuit mais quand il apprend que le gîte un peu plus haut est fermé ce soir exceptionnellement, il m'ouvre son dortoir. Je prends une bonne douche et dine d'une excellente croute au fromage. Normalement il ne reste pas le soir et ferme vers 18h. A 20h, nous sommes toujours là à discuter de nos expériences respectives de voyageurs au long cours car lui à bourlinguer partout dans le monde. Nous assistons à la tombée de la nuit sur le lac, véritable scène de théâtre, petits verres de vin blanc du Valais à la main. Vers 21h, il redescend chez lui à Arbaz, me laissant la garde du restaurant et du chalet, avec tout ce qu'il faut pour le petit déjeuner. Quelle confiance, un véritable cadeau ! Une de mes plus belles soirées. Si jamais vous en avez l'occasion, montez au barrage de Rawil, avant la fin du mois d'octobre 2008, car ensuite, il ne travaillera plus là-haut. Et puis, c'était ma première soirée en français ...

Mercredi, très belle et longue journée à travers des roches calcaires. C'est un véritable désert de pierres, pas une âme, pas un animal, pas même une mouche. Il vaut mieux ne pas y monter par temps de brouillard, même les gens du coin s'y perdent ! 

Sur les excellents conseils des charmants gardiens de la cabane des Audannes (soupe revigorante), je poursuis jusqu'à Godey. Longue journée, mais qui me permettra d'arriver comme prévu à la cabane Rambert jeudi soir.

Enfin, hier jeudi, je poursuis ma route en passant toujours par les hauts pour rejoindre par le col de la Forcla, la cabane Rambert et là, ma première véritable déception en 75 jours de marche : un gardien très désagréable, refuse obstinéement de me loger car le refuge est plein et surtout de m'aider pour trouver une solution. J'ai quand même 7h de marche dans les jambes et pas vraiment envie d'y ajouter 2 à 3 heures pour trouver un logement. Je pense qu'il ne me crois pas quand je lui explique mon périple ... peut-être en a-t-il marre des touristes en cette fin de saison ... Je suis terriblement déçue car j'ai fait expressément le détour par cet endroit sur les conseils des Suisses de Vevey rencontrés en Autriche. Et c'est vrai que ce refuge est merveilleusement placé, le coucher de soleil et surtout le lever doit y être superbe. Heureusement Ovronnaz n'est pas trop loin, je cours dans la descente pour attraper in extremis le dernier télésiège afin d'épargner un peu mes genoux.

A quelque chose, malheur est bon. Mon amie qui vit à Verbier vient me chercher un jour plus tôt et je prend le fameux bain-mousse promis depuis le départ. Elle est pleine d'attention pour moi et me soigne aux petits oignons, ou plutôt aux petits champignons fraichement cueillis. Merci, ma chère amie, que cela fait du bien tout cela. Comme on dit par ici, c'est trop bon !! Je vais me requinquer 2 jours chez elle avant d'entamer le dernier tronçon de ce superbe périple. Je quitte la Suisse dimanche et passe en France pour suivre le GR5 et descendre plein sud.

Une traversée de la Suisse très contrastée, finalement, avec un temps très instable, plus de solitude surtout au début, mais aussi de belles découvertes et de merveilleuses rencontres. Et finalement, un soleil éclatant pour terminer en beauté !!

J'ai toujours le moral au sommet ... à bientôt donc pour de nouvelles histoires !

Ninka


Sur la Via Alpina - Publié à 19:34, le 20/08/2008, Grindelwald
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Bonjour,

Me voici donc en Suisse sur cet itinéraire encore très nouveau. Le balisage est bon et il parait qu'il existe un topo en français pour la traversée Vaduz-Montreux (je ne l'ai pas vu, mais cela m'a été confirmé) et pourtant, je suis étonnée de me retrouver seule sur ce chemin, en plein été. Etrange, où sont-les randonneurs ? Mais la solitude ne me pèse pas. Bien au contraire, je suis ravie de marcher à mon rythme, au fil des sentiers.

La partie entre Vaduz et Grindelwald est bien moins alpine que mes dernières étapes autrichiennes. La Via Alpina me promène à travers les alpages et sur les anciens chemins muletiers. Les villages se situent entre 500 et 1000m et je passe des cols entre 1800 et 2200m, des cols que beaucoup ont traversés depuis la nuit des temps. Car en Suisse, toute communication entre vallées passe par un col. Vaches, moutons, colonnes de transporteurs, muletiers, pélerins et aussi colonnes armées plus ou moins en déroute. Chaque caillou pourrait raconter une histoire, c'est fascinant de penser à tout cela en marchant. A mettre ses pas dans les leurs, On se sent un peu colporteur soi-même, tout à coup ... sauf, que tous ces gens portaient beaucoup plus que 10kgs sur leur dos ! Quel courage !

Les 3 premiers jours en Suisse furent des journées de transition, d'abord le long du Rhin, jusqu'à Sargans, puis dans une longue vallée en cul-de-sac qui s'enfonçait dans les montagnes du canton de Glarus. Peu d'échanges sur ce tronçon qui ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.

Ensuite, passage par la belle vallée d'Elm et une ski-hütte très sympathique où je me régale de mes premières myrtilles. Avec 3 randonneurs allemands et 2 jeunes américains, nous passons une excellente soirée internationale autour d'un excellent plat aux accents méditerranéens. Cela y est, j'ai vraiment quitté l'Autriche : le potage et le plat principal sont servis avec du pain et non plus des Knödel, les pâtes font un peu plus Sud. Pour les boissons, pas de gros changements dès qu'on a appris les nouveaux noms : on dit bien Panaché pour une Radler et Chörle pour un Apfelsaft Gespritzt. Par contre, je n'arrive pas à comprendre le Swiss Dütch et je passe au français quand je suis totalement perdue. Autres nouveautés culinaires : les bons fromages d'alpage et le chocolat, bien entendu !

Après à nouveau une étape très humide, à déraper dans les alpages entre boue et bouse me voici au pied du Klausenpass, un col entre Linthal et Altdorf, dans le canton de l'Uri. Le marcheur suit un bon sentier muletier, les voitures et surtout les motards, une route à multiples lacets. Et sous le col, une vieil hotel construit en 1903 pour l'ouverture de la route aux automobiles. Il a gardé tout son cachet avec ses chambres à l'ancienne et douches (modernisées) à l'étage. Il a eu son heure de gloire lors des grandes courses automobiles des années 20 et 30. J'ai bien aimé cette étape d'autant que ce soir-là, j'ai capté sur ma petite radio le superbe concert-live d'ouverture du Festival de Luzern . Claudio Abbado dirigeait une extraordinaire symphonie fantastique de Berlioz. Peut-être ai-je réveillé mes voisins en presque criant "Bravo" à la fin du concert, je me croyait à Luzern !!

Si je ne rencontre pas grand-monde sur les sentiers, par contre, j'ai rencontré des célébrités : Guillaume Tell et son fils à Altdorf et Sherlock Holmes himself à Meiringen. Guillaume portait fièrement son arbalète, Sherlock fumait sa pipe, satisfait d'avoir résolu une énigme de plus.

Entre ces deux rencontres, deux cols à passer, dont le Surenenpass à 2291m. Et malheureusement, une pluie diluvienne me bloque une journée au-dessus d'Altdorf, le 15 août. Le lendemain, beau temps et un superbe col tout blanc. Je suis la première à passer ce samedi 16 août. Le sentier disparait sous 30cm de neige fraiche et je me régale d'autant qu'il n'y a aucun danger sur cet itinéraire. Le gardien de la ski-hütte m'a préparé du thé chaud pour ma gourde. Vous verrez les photos, journée superbe ! La montagne est pour cela extraordinaire car elle vous réserve des surprises fantastiques. Dans la descente, la fête continue, je rencontre mon premier randonneur "Via Alpina" : il s'appelle Laurent est parti de Montreux avec un sac de plus de 20kgs, car il campe (sauf la veille avec la pluie). Il se rend à Vaduz. Il me conseille quelques variantes, je fais de même. Et surtout, nous échangeons nos expériences respectives qui sont au fond fort semblables. Nous faisons l'éloge du temps présent et du bonheur de la marche en solitaire. Puis, nous repartons lui vers l'est et moi vers l'ouest, en songeant à cette bonne rencontre. 

Enfin, je pénètre dans l'Oberland Bernois et après Meiringen, à Gross Sheidegg, apparaissent les grands sommets mythiques que sont l'Eiger et sa face nord impressionnante, le Mönsch et la Jungfrau. Il fait très beau et je me régale à nouveau de vues splendides. J'ai tant rêvé et lu sur ces sommets, je suis vraiment ravie de les voir enfin dans toute leur splendeur. Aujourd'hui, temps tristounet, je me repose à Grindelwald, bien agréable station en compagnie de mes parents venus me voir. Nous papotons gaiement et je me replonge allègrement dans l'ambiance familiale (mariage, naissance, vacances des neveux). Grâce leur passage, vous aurez bientôt de nouvelles photos sur le blog. Un peu de patience.

Demain, je poursuis plus que jamais ma marche vers l'ouest, en espérant un temps un peu plus stable. 

A bientôt,

Ninka

  


Exactement deux mois - Publié à 11:18, le 8/08/2008, Vaduz
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Bonjour les amis,

Eh oui, me voici au Liechtenstein. J'ai donc traversé toute l'Autriche à pied, je n'en reviens pas encore. Toute la journée aujourd'hui, je me suis sentie légère et joyeuse, même si le temps n'étais pas au beau fixe. J'ai eu un peu de tout brouillard, nuages et soleil avec une température très douce.

Mon périple autrichien s'est terminé en beauté dans le Vorarlberg, petite province accolée au Tirol, avec du soleil pour les étapes qui le demandaient et de la pluie pour les autres. Parfait donc !

Après Kappl, deux très belles étapes avec nuits en refuge et de bonnes et sympathiques rencontres.

D'abord au refuge Heilbronnerhütte: ce refuge est envahi par les bikers car il se trouve sur le circuit VTT nord-sud qui traverse les Alpes. Une autre façon de traverser les Alpes avec un matériel tellement différent. C'était très étrange à voir. Au milieu de tous ces bikers, surtout masculins, une dizaine de randonneurs un peu perdus et parmi eux, un couple de suisses de Vevey, alpinistes et randonneurs chevronnés (plus de 65 ans chacun) passionnants. Lui est membre du Club Alpin Suisse depuis toujours. Dans sa jeunesse, il a fait tous les 4000 de Suisse. Il connait donc bien la montagne et m'a donné quelques conseils d'itinéraire pour la partie suisse. il a aussi raconté l'ancienne époque quand il aidait son club à réparer la cabane Rossier, sous la Dent Blanche, la plus haute cabane gardée de Suisse. Pour lui qui avait 17 ans, cela signifiait grimper pendant 7h d'affilée parfois de nuit (pour gagner du temps), toujours dans la neige et travailler à la cabane dès l'arrivée et pendant tout le week-end. Il  a aussi connu le célèbre pilote des glaciers, Geiger, qui atterrissait partout dans le Valais, glacier et neige y compris. Avec lui, il a effectué des ravitaillements pour la cabane Rossier. Dès l'atterrissage, il devait sauter dans la neige, pousser le petit bimoteur pour le remettre dans le sens de la pente, courir à la cabane prendre ce qui devait être descendu et tout cela avec le moteur qui continuait à tourner. Quelle époque! J'ai passé une excellente soirée avec eux.

Ensuite, j'ai fait une superbe traversée solitaire vers Wormserhütte où je suis arrivée avec les premières gouttes de l'orage qui menaçait. J'y ai rencontré une famille danoise très sympa également, c'était leur première nuit en refuge et tout pour eux était nouveau. Invitée à leur table, nous avons beaucoup parlé en anglais de leurs voyages avec les enfants dans le monde et du métier du père. J'ai même appris un jeu de carte danois avec eux. Nous n'étions pas nombreux au refuge et l'accueil y est très agréable avec des gardiens tout sourire! Le lendemain, nous sommes redescendus ensemble sur Schruns dans le brouillard et la pluie en utilisant le téléphérique. Je sais, c'est une entorse à mon voyage à pied, mais cette descente très longue dans le domaine skiable de Schruns était totalement inintéressante.

Dans la foulée, je suis remontée en face, dans les montagnes dites Rätikon, au refuge Lindauer. Et là, changement d'ambiance à nouveau: un refuge plein à craquer, avec une nuit en dortoir à plus de 40 personnes. C'est la première fois que cela m'arrive! Nuit agitée donc et boules Quiès obligatoires, pour la première fois ! Dehors, un beau coucher de soleil qui annonce une belle journée pour le lendemain. On est entouré de roche calcaire avec des sommets déchiquetés, de la vraie dentelle. Pour les passionnés de botanique, il y a près du refuge un joli jardin alpin fondé il y a cent ans et toujours superbement entretenu. Une botaniste allemande expliquait son travail aux randonneurs qui le demandaient. Mais pour moi, c'était difficile à comprendre car je ne connais pas les noms des fleurs en allemand. Heureusement, les noms latins indiquaient chaque plante. Soirée bien agréable donc.

Le lendemain, le sentier traversait des alpages en longeant la frontière suisse. Un trou dans la dentelle de calcaire et on aperçoit la Suisse. Cela me fait tout drôle de penser que je suis arrivée au bout de l'Autriche. Je reste du côté autrichien pour une dernière nuit en refuge, à Totalphütte, au-dessus d'un grand lac de barrage. A nouveau, un monde fou et des gardiens stressés qui courent entre touristes d'un jour et randonneurs. La nuit en dortoir sera agitée et comme on annonce de l'orage pour le lendemain en fin de journée, je me lève tôt.

J'ai décidé, sur les conseils du couple suisse, de faire un dernier sommet en Autriche : le Schesaplana qui frôle les 3000m. Au sommet, il fait superbe et je me régale d'une vue à 360° sur toutes les montagnes avoisinantes et le dernier glacier autrichien. Ensuite, je néglige l'itinéraire classique pour rester sur les hauteurs, en bordure de frontières suisse, autrichienne et liechtenstein. Je vais de borne en borne et certains passages sont assistés de cables, il ne faut pas avoir le vertige ! Mais que c'est beau tout cela. Je me régale. La fin de la balade traverse des alpages fleuris et des zones de granit rose. Vers 14h, j'arrive au refuge Pfälzer qui se trouve exactement sur la frontière entre l'Autriche et le Liechtenstein. Je suis au point le plus à l'ouest e l'Autriche. Vers 16h éclate un premier orage et dans la nuit, une belle tempête secoue ce bon vieux refuge en pierre qui fête cette année ses 80 ans. Accueil sympathique ici aussi, ce refuge appartient au club alpin du Liechtenstein (il y en a deux sur ce petit territoire). On discute avec des vachers venus boire quelques bières après leur travail. Je les intrigue beaucoup, surtout quand je dis que je viens de traverser toute l'Autriche à pied. Le refuge n'est pas plein et je retrouve le calme d'un dortoir pour moi toute seule, quel plaisir.  

Aujourd'hui, vendredi 08/08/08, j'ai rejoins Vaduz,en 6h de temps, à travers alpages détrempés. Tiens, on dirait que le son des cloches est différent ... timbre plus sombre, on dirait des vaches altos ! 6h de temps, ce petit pays devient grand quand on est à pied !

Bilan après deux mois :

J'ai adoré ma traversée de l'Autriche. Quelle belle découverte pour moi qui ne connaissais que les Alpes de l'ouest ( France, Italie et Suisse). Je reviendrai sûrement car quand on traverse, on n'a pas vraiment l'occasion d'approfondir la connaissance d'une vallée. Et il y a de quoi approfondir, je vous l'assure ! J'ai repéré plein d'itinéraires. De plus, l'accueil autrichien est merveilleux. Je n'ai jamais eu un refus, ni un comportement désagréable de la part des hôteliers et des gardiens de refuge. ils ont toujours le sourire aux lèvres, prêts à vous aider et à vous écouter même si votre baragouin ne ressemble pas vraiment à de l'allemand !   

Côté santé, quelques bobos mais pas de quoi m'empêcher de marcher, jusqu'à présent. Je me suis abimé le 3ième orteil gauche dans un bac de douche après 15 jours, j'ai toujours mal à cet endroit et j'aurai probablement mal jusqu'à la fin car je pense que c'est un fêlure qui ne se referme pas. Mal est un grand mot, disons que ce orteil m'envoie des élancements tous les jours pendant 1h ou 2h. Après, il s'endort et ne m'ennuie plus. Les genoux sont aussi un peu fatigués et j'essaie d'éviter autant que possible les descentes les plus raides. Pour le reste, tout va bien.

Le matériel tient bien le coup, je n'ai pas encore dû utiliser mon nécessaire de couture. J'ai seulement changé de chaussures à Heiligenblut car celles que vous voyez sur la première photo prennent trop facilement l'eau et ne soutiennent pas bien les chevilles. cela fait 5 semaines que je marche avec mes bonnes vieilles (mais lourdes) chaussures en cuir. J'espère pouvoir revenir à des chaussures plus légères un peu plus tard. Histoire à suivre ! Tout le reste est impeccable.  

Fin d'une première partie passionnante.

J'attaque maintenant la Suisse en suivant la Via Alpina, nouvel itinéraire dessiné dans les montagnes de l'Oberland bernois, notamment. J'ai choisi cet itinéraire, car je ne connais pas cette région non plus. Et maintenant que je me débrouille en allemand, autant continuer dans cette langue. je vais découvrir les sommets mythiques tels que la Jungfrau, l'Eiger, etc... je viens d'acheter ma première carte suisse et demain je traverserai le Rhin ...

A bientôt pour de nouvelles histoires,

Ninka

  


Saute-vallée - Publié à 03:57, le 1/08/2008, Kappl
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Coucou,

Me voici dans la vallée de Paznaun près d'Ischl, et cela fait maintenant plusieurs jours que je joue à saute-vallée, car elles sont toutes parallèles et orientées nord-sud. Comme je me dirige vers l'ouest, vous comprendrez qu'il me faut à chaque fois grimper, passer un col et redescendre. Et ces vallées sont bien basses (1100 à 1300m) et les cols bien hauts (2600 à 2800m). D'est en ouest, je suis passée de la vallée de l'Ötztal, au Pitztal, puis le Kaunertal, puis l'Inntal et aujourd'hui donc le Paznauntal.

Hier, j'étais au-dessus de l'Inntal et de la station de ski Serfaus, dans un refuge qui devait être bien isolé au  milieu d'un bel alpage avant l'avènement du ski. Maintenant, l'arrivée du téléphérique est collée à ce refuge (Kölnerhaus, construit en 1924)! Du coup, l'ambiance y est très étrange. En effet, pendant la journée, l'alpage est envahie par les touristes qui se promènent là où l'hiver tout le monde skie. Il y a des attractions pour les enfants et beaucoup d'animation. Cela piaille à qui mieux-mieux.  A 17h30, clôture du Bergseilbahn et tout redevient silencieux ... jusque 18h30, heure à laquelle une centaine de vaches redescendent des prairies pour rejoindre la grosse ferme un peu plus bas. Ambiance tintinabulante car elles ont toutes leur cloche accrochée au cou! Certaines cloches ont un très joli son, d'autres semblent fêlées. Puis, c'est le grand calme. Au refuge, nous sommes 15 personnes et j'ai ma petite chambre pour moi. Le lendemain matin, réveil à 6h30, les vaches remontent sous ma fenêtre encouragées à grands cris par les vachers. Puis à 7h30, première télecabine et c'est reparti pour une nouvelle journée dans l'alpage de Serfaus!

Je suis, moi, repartie vers les hauteurs pour un nouveau col, malheureusement sous la pluie. Ensuite, la longue descente fut sèche heureusement. 

Toutes ces descentes ne plaisent pas trop à mes genoux et il va falloir me reposer un peu, c'est à dire, faire des étapes plus courtes. Cela tombe bien, j'en ai fini avec ces vallées nord-sud. 

Je suis preque au bout de l'Autriche, plus qu'une carte à acheter et je serai en Suisse !

A bientôt pour de prochaines histoires,

Ninka

 

 


50 jours déjà - Publié à 11:06, le 28/07/2008, Langenfeld
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Bonjour,

Ce soir, je viens de terminer mon 50ième jour de marche et me voici dans l'Ötztal, un peu au nord de Sölden. J'ai quitté le WWW02 depuis quelques jours car cet itinéraire passe trop souvent sur des glaciers crevassés. N'étant pas accompagnée, je ne désire pas prendre des risques inutiles. C'est dommage car cela m'éloigne un peu des beaux sommets enneigés. Mais bon, prudence avant tout, n'est-ce pas ?  Cette 50ième journée fut très ensoleillée et du coup, j'ai marché longtemps, un peu trop même car ce soir, je sens mes genoux! Mais, cela me donne l'occasion d'être dans la vallée, dans une "Zimmer Frei" qui possède internet!

Je viens de passer un excellent week-end avec mon neveu Damien, en vacances pour une semaine. Ce matin, il est parti rejoindre des amis dans le Steiermark. Nous avons fait une boucle dans la vallée qui précède l'Ötztal et avons dormi en refuge samedi soir. A notre retour dans la Gasthof de départ, nous avons rencontré des Alsaciens qui viennent en vacances dans la région depuis 30ans. Ils connaissent tous les sommets du coin et bien sûr la boucle que nous venions de faire. Il y a 20 ans, ils sont passés par le même col que nous à 2970m d'altitude, avec des crampons aux pieds car à cette époque, l'affreux amas de cailloux instables que nous avons gravi était encore un glacier !! En tous cas, la visite de mon neveu m'a fait grand plaisir et m'a replongée dans l'ambiance familiale et dans la musique (bonheur d'entendre le Magnificat de Bach grâce à son iPod!). Il a copié mes dernières photos sur son PC ... patience, bientôt vous aurez de nouvelles photos à regarder sur ce blog.   

Aujourd'hui, j'entame ma huitième semaine sur mon chemin et en Autriche. J'avoue avoir envie de changer de pays. C'est long l'Autriche! Il faut aussi dire que ce coin du Tirol est terriblement touristique et c'est la haute saison. Fini le calme sur les sentiers et dans les refuges. J'étudie les cartes pour trouver des raccourcis. Je me retrouve parfois sur des chemins moins intéressants mais certainement moins fréquentés. D'autre part, je n'ai pas non plus envie de rater toutes les belles vallées à voir. Demain, j'irai à Pitztal, très belle et très longue vallée que je devrai en partie descendre pour éviter un col glaciaire. 

Enfin, dans une quinzaine de jours je serai en Suisse, c'est certain... si le beau temps se maintient.  

A bientôt,

Ninka 


une semaine dans le Zillertal - Publié à 07:20, le 22/07/2008, Fulpmes
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Bonjour,

Me voici à nouveau seule, après une semaine bien joyeuse dans le Zillertal. Nous n'avons pas eu beaucoup de chance avec le temps, mais cela ne nous a pas empêchés de bien profiter de cette semaine de vacances, vacances pour moi aussi, puisque je me retrouve dans une ambiance plus francophone (avec tous les potins bruxellois!)

Mayrhofen est situé au pied d'une grande vallée dans laquelle donnent plusieurs vallons, tous parallèles. L'ensemble est dominé par un système de pics et glaciers qui marquent la frontière avec l'Italie. Les eaux sont collectées par plusieurs barrages, reliés entre-eux, toutes les eaux se retrouvant finalement dans le gros barrage SchleigeisSee, en fond de vallée. Au pied des glaciers, chaque vallon possède son refuge idéalement situé.Un itinéraire pour randonneur confirmé relie ces refuges, via des cols entre 2800 et 3100m, c'est le Berliner Höhenweg, un classique des catalogues de randonnées. Nous avons réservé 5 nuits en refuge sur cet itinéraire, à partir de mardi.

Lundi, pluie, c'est heureusement le jour d'acclimatation pour les copains, impossible de faire la moindre petite marche d'entrainement. Shopping dans le village sous les parapluies ! 

Mardi, soleil, quelle chance, nous montons justement à Kasselerhütte, dans le vallon Stilluptal. Jolie grimpette parmi les fleurs et les cascades, que d'eau !

Mercredi, soleil, très belle traversée en balcon jusqu'au pied du col assez raide que nous passons sans difficulté. Quelques cables opportunément placés aident pour les passages délicats. Baptême du feu pour Olivier, qui s'en tire très bien surtout quand on ne regarde pas trop vers le bas! Au refuge Greizer, nous arrivons en même temps que ceux qui suivent l'itinéraire dans l'autre sens, ils sont assez fatigués suite à une très longue et très raide descente (sera une montée pour nous).Nous hésitons beaucoup pour cette étape d'autant qu'on annonce à nouveau du mauvais temps.

Jeudi, les nuages sont de retour et le gardien est pessimiste.Nous décidons de passer par la vallée pour rejoindre notre prochain refuge et nous avons bien fait car dès midi il pleut et nous entendons l'orage sur les sommets. Nous arriverons trempés à la Berlinerhütte, refuge mythique de l'ensemble du Tirol. Cet étonnant refuge tout en vieux bois est grandiose à tous points de vue : entrée monumentale avec son escalier digne d'un chateau, grande salle à manger bien décorée avec une belle hauteur de plafond et des colonnes de bois. On se croirait dans un café viennois. Dehors, la terrasse (dont nous ne profiterons pas) donne sur plusieurs glaciers malheureusement de plus en plus loin tellement ils ont fondus. Une vieille photo montre la langue principale du glacier venir lécher la terrasse, début du XXième siècle. Grâce à nos réservations, Nous avons 2 petites chambres avec lits, un vrai hôtel! Il y a 200 places dans ce refuge, le plus grand du Tirol. Il y règne une ambiance bonne enfant entre les visiteurs venus de la vallée (3 heures de marche) pour y passer 2-3 jours et les randonneurs arrivés par les cols et glaciers, mouillés et tout chargés de la quincaillerie habituelle du parfait alpiniste. Un refuge qui mérite la visite, assurément.

Vendredi, pluie et froid, nous jouons aux cartes et obtenons de justesse 4 places en dortoir toujours dans notre beau Berlinerhütte. Dans l'après-midi, profitant d'une accalmie, balade jusqu'au lac 500m plus haut, nous sommes bien couverts car il ne fait pas vraiment bon!

Samedi, le soleil est de retour et nous rejoignons notre 5ième refuge, par un beau sentier d'alpage. Friesenberghaus est situé à 2500m et idéalement placé pour voir toute la chaine des 3000m du Zillertal en une fois. Il est de l'autre côté de la vallée et domine le fameux SchleigeisSee. Un vent frais nous pousse à l'intérieur de ce bon petit refuge. Dernière soirée tous ensemble, nous rions beaucoup.

Dimanche, soleil et nuages, nous empruntons un excellent sentier en balcon qui contourne l'Olperer et passe par le tout nouveau refuge Olperer, fonctionnel mais bien laid, quel dommage! Lui aussi domine le SchleigeisSee et la vue de cet endroit est magnifique. Mes amis m'accompagnent au pied du col qu'il me faut passer pour rejoindre les StubaiAlpen.Vu du bas, c'est un col très raide et cela se confirmera sur le haut à plus de 2900m. Je passe rapidement car les nuages menacent à nouveau. Il commence à pleuvoir à mon arrivée au refuge suivant. Le lendemain, mon col sera couvert de neige, passée juste à temps! 

Finalement, nous avons eu une excellente semaine tous ensemble à la découverte d'une vallée célèbre du Tirol autrichien.       

Parmi les découvertes, il faut aussi mentionner la cuisine locale que je pratique depuis maintenant 6 semaines. Tout d'abord, les fameux Knödel de toute sortes, LeberKnödel, GriesKnödel et autres quenelles bouillies qui remplacent le pain pour les soupes et les pommes de terre pour l'accompagnement. Pas toujours très léger! Parlons plutôt des desserts : outre l'Apfelstudel  classique (chausson aux pommes),il y a le Topfenstrudel (gâteau au fromage, très nourrissant) et surtout le Kaiserschmarrn, un dessert de crêpes accompagné de compote de pommes ou d'airelles, un repas à lui tout seul. Si vous aviez vu les yeux de MC lorsque son voisin autrichien a été servi... Comme lui, vous lui auriez proposé de goûter votre plat. Et l'essayer, c'est l'adopter! En terme de boisson, tout va par 50cl, la bière (au fut ou non), l'Apfelsaft gespritzt (jus de pommes allongé d'eau gazeuse), le Radler (un panache bière-limonade) ou le Shiwasser (Grenadine). C'est qu'il faut boire quand on marche, tout le monde sait cela! 

Finies les vacances, me revoici sur le chemin. il pleut aujourd'hui et j'ai rejoins d'abord Trins puis Fulpmes en passant par un petit col hier dans le froid, la pluie et le vent. J'avais l'onglée aux doigts. Aujourd'hui repos car mes chaussures ont besoin d'une petite réparation, et comme il pleut, c'est le moment idéal. Vu le mauvais temps persistant, je modifie mon itinéraire et vais rejoindre le 02A, moins haut et moins exposé. Je retrouverai l'itinéraire principal à hauteur de Pfunds.

A très bientôt pour de nouvelles histoires,

Ninka 

 


Veni, Vidi, Vici - Publié à 11:56, le 13/07/2008, Neukirchen am Großvenediger
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Bonjour les amis,

Et oui, nous avons eu le beau temps souhaité pour vaincre le Gross Venediger (3674m). Quelle chance, 3 jours de beau temps juste au bon moment. Après Matrei, superbe journée de montée au refuge Neue Prager Hütte, point de départ pour le sommet. Le soleil était au rendez-vous et pour éviter les randonneurs d'un jour (aller voir le glacier est une balade très populaire), nous avons suivi un sentier moins fréquenté  qui, après une grimpette assez raide (avec quelques cables de sécurité), nous a promené sur un beau sentier en balcon dominant la vallée. Nous avions une splendide vue sur le glacier à traverser, avec la trace heureusement, bien marquée. Au refuge, plusieurs groupes se préparaient pour l'ascension du lendemain. Les Autrichiens sont hyper-équipés et beaucoup sont accompagnés d'un guide professionnel. Nous nous demandions si notre cordée n'était pas un peu trop légère finalement. 

Vendredi, réveil tôt et départ à 6h, avant tout le monde ce qui nous a étonnés. Il faut dire que le plupart font l'aller-retour depuis le même refuge et partent donc avec un sac léger ce qui n'était pas notre cas puisque nous faisions la traversée du versant sud vers le versant nord. Grand beau temps pour cette ascension sur un glacier très enneigé. Certaines crevasses sont impressionnantes mais les ponts de neige tenaient malgré une chaleur assez inhabituelle (vent du Sud). La fin de l'ascension fut assez fatigante à cause de cette neige de plus en plus molle, sous le soleil. Au sommet vers 10h pour une vue splendide sur tous les sommets environnants, y compris le Gross Glockner, premier sommet d'Autriche, enfin sans son capuchon de nuages! Nous étions enchantés. Quelle belle randonnée glaciaire. Nous n'étions pas les seuls au sommet car il y a moyen de l'atteindre à partir de plusieurs refuges. La descente sur Kürsinger Hütte se passa sans difficulté après avoir passé le col Venediger et ses grosses crevasses. Les glaciers du côté nord sont impressionnants également. Au refuge, nous avions une vue splendide sur ces monstres qui malheureusement rétrécissent à vue d'oeil avec le réchauffement climatique. Le passage par le haut du glacier vers Warnsdorfhütte n'est plus possible depuis l'effondrement d'un pan entier en 2003 et la formation d'un lac glaciaire dans le fond. Il faut maintenant descendre de 600m d'altitude et remonter à travers cailloux et moraine avant d'atteindre le haut du glacier et le col à 2880m. C'est ce que nous comptions faire le samedi. La météo en a décidé autrement. La nuit, orage, grêle et pluie et samedi la journée n'a pas mieux commencé. Notre col était dans les nuages et le gardien nous déconseille d'y aller car il n'y a pas de traces sur ce glacier peu fréquenté. En plus, les prévisions sont vraiment pessimistes. Nous descendons sagement dans la vallée et décidons de récupérer la voiture de Willy à Heiligenblut. Dimanche nous ferons un peu de tourisme sous la pluie (neige annoncée à 2000m) avant de rejoindre Mayrhofen où je retrouve 3 amis, Marie-Christine, Bernard et Olivier, qui m'accompagneront la semaine prochaine dans le Zillertal. En principe, le beau temps devrait revenir lundi ou mardi prochain. Cela tombe donc très bien.

Pour info, le refuge Kürsingerhütte est un excellent refuge, très accueillant avec chambres, douches chaudes et très bons repas. Véritablement, un refuge 4 étoiles que je recommande chaleureusement. Les gardiens (une jeune famille avec enfants) sont charmants. Le gardien, quand il a su ma traversée et ma passion de la montagne m'a prêté un livre sur la traversée du Tyrol par l'alpiniste anglais Smythe en 1935 que j'ai parcouru le soir avec beaucoup de plaisir. Il raconte notamment son ascension du Gross Venediger par la voie Nord, nettement plus difficile. Son texte est savoureux. Kürsingerhütte, une excellente étape.

Je vous souhaite une bonne prochaine semaine, Amicalement.

Ninka


Au pied du Gross Venediger - Publié à 11:42, le 9/07/2008, Matrei in Osttirol
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Bonjour,

J'ai passé une semaine bien remplie depuis Hüttschlag. Et heureusement, il semble qu'il fasse meilleur ici qu'en Belgique.

Première journée : Depuis le col au-dessus d'Hüttschlag, j'ai découvert un bel ensemble de sommets de plus de 3000m. Splendide panorama sous le soleil, j'étais ravie. Ce soir-là, après 8 heures de marche, je ne trouve pas de chambre à l'auberge indiquée sur la carte. En fait, il n'y a jamais eu de chambre à cet endroit contrairement à ce qu'on m'avait dit. Loin de tout village, je trouve un lit dans une ferme d'alpage pour la nuit. Je ne serai pas seule car une autre personne (de Berlin) et qui randonne dans les environs dort également dans cette ferme. Nous discutons agréablement quand la fermière nous annonce qu'il y aura un peu de bruit car des personnes viennent faire de la musique.Arrivent une dizaine de personnes, 2 accordéons, une guitare, une cithare et le fameux Teufelgeige (instrument à percussion fabriqué dans les alpages). Ils se réunissent une fois par semaine pour répéter et apprendre les chants de leur région. Ils ont plus de 60 ans. La soirée fut très joyeuse, arrosée de bière et schnaps, alors que dehors l'orage grondait. Tout le répertoire local défile, couplet par couplet, le temps pour moi d'assimiler la mélodie, à défaut des mots. Une veillée comme nous ne les connaissons plus, au coeur d'une belle ferme d'alpage, avec une bonne odeur de lait et fromage frais en prime ! Nous étions tard au lit ce soir-là.

Le lendemain, brouillard et pluie. Je dois malgré tout avancer car Willy arrive à Heiligenblut dans deux jours. Ce jour-là, je marcherai sous la pluie et arriverai trempée au refuge sous le sommet que je dois passer le lendemain. Heureusement, il y a de bons chauffages dans les refuges! Toute la nuit, il pleut et je crains fort de ne pouvoir passer le lendemain.

Et si, samedi 5 juillet, c'est grand beau temps et me voilà partie pour ma plus belle traversée depuis mon départ : escalade à 3106m d'altitude avec des rochers, un peu de vide à gauche et à droite et un gentil glacier à traverser en finale. Quelle belle journée. Je me régale et j'espère vous en montrer quelques photos bientôt.

Le soir, je retrouve Willy qui doit m'accompagner durant toute ma 5ième semaine. Nouvelle étape dans ce voyage à travers les Alpes : je ne marche plus seule et c'est bien agréable aussi. Il m'aidera notamment à passer le Gross Venediger, avec son glacier plutôt crevassé ! 

Cela fait maintenant 4 jours que nous marchons ensemble et tout se passe bien malgré un temps plutôt capricieux. Aujourd'hui fut notre première journée sans pluie: Mais hier, nous avons passé un col à 2800m alors qu'il neigeait et qu'on ne voyait pas à plus de 10m. Heureusement, le refuge n'était plus très loin! Nous espérons que le beau temps se maintiendra les 3 prochains jours, car la traversée du glacier est prévue vendredi prochain. Ce temps capricieux ne nous empêche pas de rencontrer marmottes, chamois et bouquetins, que nous surprenons dans le brouillard ou au détour du sentier.

A bientôt chers amis,

Ninka

 


Déjà la quatrième semaine - Publié à 11:25, le 2/07/2008, Hüttschlag
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Bonjour à tous,

Tout d'abord un tout grand merci à mon frère et mon père pour leur visite-éclair. Cela m'a fait grand plaisir et je ris encore en pensant à la séance de dictée de mon dernier texte ! 

Eh oui, déjà ma 4ième semaine et depuis dimanche dernier, je marche à nouveau seule, ce qui est très agréable aussi, finalement. Par contre, je croise plus de randonneurs sur les sentiers, les vacances commencent ici aussi. 

Il fait beau et chaud mais les fins de journée sont très orageuses. Hier, je me suis arrêtée dans un petit refuge à 1h30 de mon point final car l'orage menaçait vraiment. Aujourd'hui, du coup, j'ai marché 8h et suis arrivée avec les premières gouttes dans ce petit village de Hütteschlag où la gasthof est très accueillante ! Il y a même internet, puisque je peux vous écrire.

Le décor devient de plus en plus vertical, j'ai quitté le Steiermark et me trouve dans la province de Salzburg. et surtout, je m'approche des grands sommets autrichiens, le Gross Glockner (point culminant de l'Autriche) et le Gross Venediger (n°2). J'ai quitté l'itinéraire WWW02 car celui-ci m'entraine trop vers le Sud et la chaine du Ankogel. J'ai rendez-vous avec un ami, Willy, dimanche prochain à Heiligenblut et je ne dois pas trainer. Ensemble, nous comptons passer au pied du Gross Glockner et surtout passer sur le glacier du Gross Venediger. Pourvu que le beau temps se maintienne. Willy arrive avec du matériel pour glacier, rassurez-vous.  

Décor plus vertical, sommets enneigés ou totalement rocheux et beaucoup de lacs aux superbes reflets. Voilà mon quotidien et je ne m'en lasse pas ...

A bientôt pour de prochaines histoires...

Ninka

 

 

 


Le dimanche 29 juin 2008 - Publié à 11:46, le 30/06/2008, Schladming
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Chers amis,

Cette fois, le secrétaire, c’est mon frère Stéphane. Il est venu me rejoindre 3 heures au cours d’un WE de 2000 kilomètres et grâce à lui voici les premières photos de mon périple. Il n’a pas fait la route seul, mon père l’accompagnait. J’ai été ravie de les revoir même pour si peu de temps.

 

Déjà la fin de ma troisième semaine, et celle-ci fût vraiment très belle.

Depuis que j’ai rattrapé le sentier www02, je traverse le «Steiermark Vert».

Les sommets sont arrondis. Au-dessus des forêts on traverse des champs de rhododendrons  et de myrtilles ou des zones de mousses très agréables aux pieds. Il fait beau, le soleil brille enfin!  Et le soir éclatent des orages, sans conséquence, car je suis déjà au refuge ou dans une « Gasthof » depuis longtemps.

 

Le sentier oscille entre alpages et jolies crêtes d’où on aperçoit au loin les sommets enneigés.

 

Je ne suis plus seule, cette partie d’itinéraire semble plus appréciée par les randonneurs et je les comprends.. Depuis mercredi matin, je marche avec deux couples autrichiens qui suivent le même chemin que moi pendant une semaine, et mon allemand s’améliore…...

On rencontre aussi sur le sentier, des promeneurs d’un jour, près des petits lacs d’alpage et aux refuges, où l’accueil est toujours très sympa.

Les gardiens discutent avec nous autour d’un enième verre de bière, ou d’Apfelsaft  pour moi, qui ne suis pas une fana de la bière. Quand je leur parle de mon projet, ils m’encouragent et me demandent de leur envoyer une carte postale de Monaco !

Vraiment, je vous recommande ce « Steiermark Vert », qui est superbe.

 

Enfin, un petit point – santé, pour les curieux, sachez que je suis en pleine forme, que je n’ai pas mal aux jambes ni aux pieds. Quant à la tête, elle va très bien, merci, et je ne regrette absolument pas mon confort, mes livres et ma musique.

Mes journées sont bien remplies et je dors « comme une pierre », selon la formule locale.

Je suis ravie d’être sur ce chemin, et j’ai grand espoir d’arriver au bout.

A bientôt et suite au prochain épisode…. 

 

Ninka.


Dimanche 22 juin - dans une bauernhof - Publié à 11:30, le 22/06/2008, Oppenberg
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Chers amis,

me voici à Oppenberg, petit village de Styrie. Quatre étapes depuis mon dernier message. J'ai divisé une étape en deux car franchement je ne me voyais pas marcher 13h d'affilée.

Et, j'ai bien fait car la deuxième partie de cette étape tenait plus du parcours para-commando que d'un beau sentier tranquille. Heureusement, le balisage était parfait mais que de surprises sur cet itinéraire : tout d'abord un passage raide dans les hautes herbes du petit matin (en short, car il fait enfin beau et chaud), puis un long moment de grimpette à travers un champs de souches et troncs au sol (j'y débusque une biche toute étonnée de me trouver là), enfin de la caillasse où on recule autant qu'on avance. J'étais heureuse d'arriver au col, après quasi 4h de bataille ! de l'autre côté la descente a commencé dans un champs de boue, se termine sur un bon sentier (enfin) et j'attaque le deuxième col dont la fin est à nouveau assez aléatoire.

Bref, je suis arrivée dans une gästhaus dans un état pas très propre, ce soir-là ! Une bonne douche et un bon steak de viande de Styrie (réputation de la région) s'imposaient. Ce vendredi 20, il y avait beaucoup d'ambiance, nombreux clients et musique d'accordéon et guitare. C'était la veille de la St Jean et tout le monde se préparait pour cette fête importante. Partout, depuis plus d'une semaine je vois des affiches annonçant les feux et autres animations musicales, dans chaque village et même dans les refuges. 

Le samedi 21, j'ai marché longuement pour traverser en partie dans sa longueur la vallée où se trouve Trieben. Il fait chaud, plus de 30° C et beaucoup travaille à couper ou récupérer les fourrages avant les orages annoncés. Je marche dans une plaine large, sur des petites routes. Il y avait longtemps que cela ne m'était plus arrivé.

Aujourd'hui, journée de repos avec seulement 3h de marche pour rejoindre Oppenberg au pied d'une montagne où se trouve le refuge Plannerhütte. Ici aussi, j'ai contourné la difficulté d'une grosse étape en passant par un autre chemin. J'arrive dans une vallée totalement agricole. Sur ma carte, il y a une Gasthaus. Je la trouve effectivement, mais ... pas vraiment en activité. c'est une ferme essentiellement et les chambres ne sont plus vraiment  aux normes du jour. La propriétaire (70 ans) s'excuse, ils vont tout refaire à l'automne. Comme je n'ai pas d'autre alternative, j'insiste un peu et finalement me prenant en pitié, elle me donne une chambre très correcte. Pour les sanitaires, effectivement, il faudra revoir. Mais bon, il y a une douche, c'est le principal. Elle est seule et nous bavardons beaucoup. Elle trouve mon allemand pas si mauvais. Je lui explique mon projet qu'elle trouve fou bien sûr quoique ... être seule, c'est la liberté dit-elle. Veuve depuis longtemps, elle a eu 6 filles, dont une vit avec son mari dans la ferme. C'est eux qui gère cette ferme. Les bêtes sont dans les alpages. Je vois le beau-fils rentrer le fourrage toute la journée. Mon hôte a aménagé un appartement dans la grande batisse pour elle-même, pour être tranquille quand elle le veut.

En tous cas, elle est aux petits soins pour moi (excellent repas) et quand je parle d'internet, elle me dit que sa fille a tout ce qu'il faut.  Voilà comment je peux vous donner de mes nouvelles.

Demain, je repars dans les hauteurs, pourvu que les orages ne se manifestent pas trop tôt.

Merci à nouveau pour vos nombreux messages. Sachez que je suis ravie de marcher à mon rythme et surtout de ne plus connaitres les embouteillages et autres manifestations .... Pauvres amis, je vous plains sincèrement. Courage, les vacances approchent pour vous aussi.

Bonne semaine à tous,

Ninka    

 


10ième jour déjà - Publié à 11:39, le 18/06/2008, Eisenerz
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Bonjour les amis,

Et oui, j'ai enfin trouvé une connexion internet. Le clavier est "qwertz", càd Deutch, pardonnez-moi les fautes ...

Que d'aventures depuis mon départ. Tout d'abord, je vous remercie tous pour les nombreux sms reçus ainsi que vos mails d'encouragements. A chaque fois, j'ai beaucoup de plaisir à vous lire, même s'il n'est pas toujours simple de vous répondre. En effet, ils m'arrivent parfois à des moments incongrus, lorsque je suis perchée sur une échelle (pas de panique, un seul passage avec échelles depuis mon départ) ou sur un névé ... eh oui, il y a encore pas mal de neige et assez bas (1500m).

Pour vous rassurez, l'itinéraire que je suis est très bien balisé et je ne me suis pas encore perdue. Depuis Vienne, je suis le WWW01. Dans deux jours, à Trieben exactement, je suivrai le WWW02 qui devrait me mener jusqu'au bout du Tyrol et de l'Autriche.

Ma première halte au Monastère Heiligenkreuz a été un enchantement, tel que je l'espérais. En plus, il faisait beau et chaud, je partais donc sous les meilleurs hospices.

Ensuite, cette première semaine m'a apporté toutes les variations possibles en terme de climat, un vrai condensé, de 30 degrés lundi et mardi à moins de 0 vendredi dernier, du soleil, de fameux orages, de la pluie, de la neige en grain et des grêlons, du vent à plus de 100kms/h (le même vendredi) et de bons moments de calme et de douceur. Ainsi, j'ai pu tester la quasi totalité de mon matériel, sauf la pharmacie !

Partie très enthousiaste, j'ai peut-être un peu exagéré les premiers jours, erreur de débutante, que j'ai payé en fin de semaine. Samedi dernier, fatiguée, j'ai décidé de descendre plus rapidement dans la vallée, j'ai supprimé une boucle très exigeante en temps et dénivelés et je me suis soignée dans une excellente Gasthof à Neuberg. Coup de blues, j'avais envie de tout arrêter mais ... grâce à un excellent sms arrivé à point et aussi grâce à la télévision, je suis repartie plus certaine que jamais ... Oui, la télé avec ses nouvelles insipides (CNN), ses matchs de tennis plutôt mauvais (Eurosport), un match de foot sans intérêt et brutal (ORF), un  western nul, etc ... vraiment pas envie de revenir en Belgique pour cela !

Sur les sentiers, que de beaux moments déjà: les forêts sont denses et dès le premier jour, j'ai rencontré des biches et animaux sauvages. Les sangliers m'ont heureusement évitée, mais pas les écureuils ni les oiseaux !! Les sentiers sont jonchés de bois tombés, c'est parfois un vrai parcours d'obstacle. Pas le temps de s'ennuyer, à chaque tournant, quelque chose de nouveau.

J'ai déjà traversé deux zones plus montagnardes : le Rax, plateau calcaire, sans eau où j'ai bataillé contre le vent et le froid avant d'arriver dans un refuge à peine chauffé mais où la gardienne était bien sympa et le Hoheschwab avec un sommet à 2277m, perdu dans le brouillard et les névés. De la vraie montagne celle-là avec ses sentiers raides, ses chamois et une première marmotte tellement étonnée de me voir apparaitre dans le brouillard. 

Sur les sentiers, je fais très peu de rencontres, pas de vacances encore et cet itinéraire est moins prisé que les montagnes plus à l'ouest. A Waxeneck, la gardienne (depuis 34 ans) se plaint du manque de visiteurs. Le tourisme a changé en 30 ans, dit-elle. Il est tellement facile de partir en avion, quelque part au sud ... Mais quelle bonne soirée paisible sous son tilleul au soleil couchant.

Le lendemain, sous l'orage, je rencontre mon premier randonneur. Nous terminons l'étape ensemble. Le jours suivant, il reste au refuge pour attendre un ami. Dommage ...

Enfin,à Altenberg, je rencontre une très belle et très vieille dame de 88 ans prenant le soleil auprès d'un moulin à eau. Je lui raconte mon projet, elle me parle de sa ferme et de musique et tout cela en anglais, une fois n'est pas coutume. Je repars avec ses encouragements et un peu de chocolat. 

Depuis, ambiance plus montagnarde, je croise des jeunes grimpeurs dans les refuges, sans vraiment échanger autre chose que "grüss gott" ... 

Demain, pour ceux qui suivent attentivement mon itinéraire, je compte couper l'étape en deux, 13h c'est vraiment trop et il parait que je trouverai de quoi me loger à mi-chemin. tant mieux! J'utiliserai le jour gagné à Neuberg. tout cela pour dire que je tiens toujours mon planning à l'oeil afin de retrouver les amis début juillet à Heiligenblut et Mayrhofen comme prévu ... Cela me changera de marcher avec quelqu'un !!

Voilà, j'ai été très bavarde pour me racheter de mon long silence de dix jours ...

Je vous souhaite à tous une bonne fin de semaine. Continuez à m'envoyer des sms, j'adore cela, même si je ne réponds pas toujours faute de réseau, comme les deux derniers jours. 

Bisous,

Ninka 


Jour J - Publié à 11:43, le 8/06/2008, Perchtoldsdorf
Mots clefs : chaussuresdépart

Jour du départ ... c'est bien ce soir que je décolle pour Vienne. Je n'ai pas changé d'avis même si il y a un peu d'appréhension, n'est-ce pas ?

Merci à tous mes amis. J'ai reçu par mail, SMS ou sur ce blog de très beaux mots d'encouragements qui me font chaud au coeur ... je penserai à vous tous au moment de quitter le sol belge. Et pour le fun et suivre la suggestion de Saskia, voici l'état de mes chaussures, avant le premier km ... elles sont déjà un peu boueuses, car je les ai testées en forêt, mais elles sont encore bien neuves ... 

A bientôt,

Ninka

       



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